Des souvenirs impérissables - Martin Bolden
Martin Bolden

Bonjour à vous, je suis Marty. Je travaille dans le monde de la finance depuis une dizaine d'années. Je dois vous avouer que c'est un travail extrêmement stressant. Au bureau, on organise régulièrement des 5 à 7, mais on se lasse vite de toujours avoir les mêmes conversations. C'est pourquoi j'ai eu envie de venir vous raconter mes petites histoires ici. Mais n'ayez craintes, les problèmes resteront au bureau. Ici ça ne sera que les bons côtés de mes journées !

Des souvenirs impérissables

Des souvenirs impérissables - Martin Bolden

Pendant un grand rangement de mes placards, dans le fond de mon garage, derrière les dossiers que je devais faire parvenir à mon conseiller financier Québec, j’ai retrouvé une paire de skis. Anciens, composés de simples lattes de bois, et d’une accroche en métal simple pour les chaussures, ils appartenaient à mon grand-père. Il les chaussait pendant les périodes de froid et il se déplaçait, pendant tout l’hiver, uniquement de cette façon-là. Quand j’ai vu cette paire de skis, elle m’a rappelé les longues soirées hivernales, au coin du feu, chez mes grands-parents. Ils avaient pris l’habitude de me prendre chez eux chaque vendredi soir. Nous nous retrouvions tous les trois pour des parties de cartes, des jeux de société, ou parfois, pour visionner un dessin animé, qu’ils ne manquaient jamais de regarder avec moi. Au moment de me coucher, ma grand-mère venait m’embrasser. Elle laissait un parfum de violette, qui flottait dans la chambre encore quelques minutes, avant de s’évaporer. 

Mon grand-père arrivait, et il me racontait une histoire. Il me laissait choisir entre un livre et un récit qu’il inventait. Finalement, il me racontait les deux, en commençant par la lecture. Une fois que le livre était refermé, il éteignait la lumière et il me racontait d’incroyables aventures du pirate Jones et de son acolyte, Lancaster. Leur ennemi leur tendait des embuscades, mais les deux pirates avaient toujours la chance d’être aidés par un de leurs amis. La fin ne changeait pas, ils fêtaient leur victoire dans une île lointaine, sur une plage de sable blanc et entourés de palmiers. J’aimais ces moments où le rêve entrait dans ma vie. Mes parents, eux aussi, me racontaient des histoires, mais celles de grand-père Maurice étaient beaucoup plus captivantes.

J’ai eu tous ces souvenirs qui me sont revenus, juste à la vue de ces accessoires. Maurice les chaussait chaque matin, car il aimait se promener avant que la neige soit envahie de traces de pas. Ce fut à mes treize ans révolus, que j’eus l’autorisation de l’accompagner. La promenade dura plus d’une heure, et je commençais à avoir très faim. J’étais parti, comme un étourdi, si rapidement, que je n’avais pas pris le temps de prendre mon déjeuner. Et, pourtant, je me souviens encore de la beauté de la nature, aux premiers rayons du soleil, car elle était indescriptible, et elle allait avec cette sensation de liberté, je ne l’ai jamais autant connue que ce jour-là, très précisément.