Les plaisirs de l'ornithologie - Martin Bolden
Martin Bolden

Bonjour à vous, je suis Marty. Je travaille dans le monde de la finance depuis une dizaine d'années. Je dois vous avouer que c'est un travail extrêmement stressant. Au bureau, on organise régulièrement des 5 à 7, mais on se lasse vite de toujours avoir les mêmes conversations. C'est pourquoi j'ai eu envie de venir vous raconter mes petites histoires ici. Mais n'ayez craintes, les problèmes resteront au bureau. Ici ça ne sera que les bons côtés de mes journées !

Les plaisirs de l'ornithologie

Les plaisirs de l'ornithologie - Martin Bolden

En observation sur des rochers, j’étais caché par de hautes herbes. Ornithologue amateur, je parcours les champs et les forêts, les baies d’eau salée et les étangs, pour essayer d’apercevoir quelque oiseau rare. Ma gestion de patrimoine m’avait demandé de l’organisation, je songeais d’ailleurs à me faire aider, mais je réussis à prendre du temps pour partir. J’avais récemment acquis des jumelles très performantes ; même avec le temps nuageux qui se profilait à l’horizon, je pourrai rester à regarder les oiseaux avec une excellente définition de l’image. La netteté est très précise, les contours sont bien visibles. Je profitais de ce moment pour les connaître mieux et développer mes connaissances sur leur potentiel. J’étais donc très concentré sur mon nouvel appareil.

Je n’avais pas entendu que, derrière moi, quelqu’un était arrivé. L’homme était grand, il portait une barbe et un grand manteau noir à capuche qui cachait le haut de son visage. Au bout d’une laisse, un chien beige de race incertaine se tenait assis, contemplant le lointain, tout comme son maître. Je me levais pour signaler ma présence, ce qui ne parut pas les déranger. Je me retournais à nouveau, et je continuais à chercher le volatile que j’étais venu voir. Il était de la famille des passériformes. Le troglodyte des marais est petit, son plumage brun au-dessus et gris sur le dessous le rend difficile à repérer. Son chant est sonore, malgré sa petitesse. J’en entendais un depuis le matin, mais les herbes sèches d’un brun tirant sur le beige le rendaient impossible à localiser. L’inconnu bougea, produisant un bruit d’étoffes froissées, puis j’entendis ses pas s’éloigner. Au bout de quelques minutes, il passa dans mon champ de vision. Je n’avais pas prévu mon appareil photo, malheureusement, ce jour-là. Car ce que je vis sortait tellement de l’ordinaire que, je le reconnais, mon histoire est bien difficile à croire.

Avec mon instrument d’observation, je le voyais en détail, mais je ne m’attardais pas. Inspiré par sa taille haute et son imposante carrure, je l’avais surnommé « le Géant ». Il se tenait bien droit, au milieu des graminées séchées. J’entendis les trilles joyeux de l’oiseau que j’essayais de localiser. Puis, je refis le point vers le Géant, car le son semblait provenir d’un endroit près de lui. En effet, perché sur son épaule, le petit oiseau chantait. L’homme ne bougeait pas, pas plus que le chien, qui s’était allongé à ses pieds. Cette magnifique image resta gravée à jamais dans ma mémoire.